Ouverture · commune à tous les livrets
La pancarte
Dans un cortège, une pancarte en carton : « Elle se branche où, la prise de conscience ? ». Elle fait rire, et elle dit tout. Depuis dix ans, la prise de conscience a eu lieu. On sait que le salaire ne suffit plus, que le médecin est introuvable, que la classe reste sans professeur, que la ferme ne couvre plus ce qu'elle coûte. Ce qui manque, c'est l'endroit où brancher cette conscience pour qu'elle fasse tourner quelque chose.
La boutade vient de Pierre Rabhi. Il préférait parler d'« élévation de conscience » et s'amusait de ce que le mot « prise » évoque l'électricité, comme une installation à poser dans chaque foyer. Les marches pour le climat, puis les cortèges étudiants, en ont fait un slogan. Nous la prenons au mot. La prise existe. Ce livre dit où elle se branche.
Pourquoi des modes d'emploi
Les programmes promettent, les essais expliquent. Il manque des notices. Chaque livret se lit seul, en une à deux heures. Il dit ce qu'on nous dit, ce qui se passe vraiment, ce qu'on fait, qui le décide, combien ça coûte et qui paie, et ce qu'on peut obtenir dès demain sans attendre personne. Il se prête, se photocopie, se lit à voix haute en assemblée générale.
Ce que ce livre n'est pas
- Ce n'est pas le programme d'un parti.
- Ce n'est pas l'écurie d'un candidat.
- Ce n'est pas un manuel d'émeute.
- Ce n'est pas une leçon d'histoire.
Aucune mesure n'est présentée par la famille politique d'où elle vient. On la juge sur ce qu'elle fait.
Ce que ce livre assume
Une partie de ce qui est proposé ici ne tient pas dans les règles actuelles. Protéger nos paysans des produits fabriqués sans nos normes, garder nos barrages publics, taxer les très grandes fortunes, décider de notre politique migratoire : tout cela se heurte aujourd'hui à la Constitution de 1958 ou aux règles européennes. Nous le disons dès la première page, parce qu'un programme qui le cache ment à ceux qui le lisent.
Notre méthode n'est ni de tout casser ni de sortir de l'Europe. Elle tient en trois temps : d'abord négocier, ensuite laisser un délai pour agir ensemble, enfin, si rien ne bouge, donner le dernier mot au peuple par référendum, et en assumer les conséquences. C'est une rupture, mais elle passe par les urnes. Elle vaut pour le travail, la terre, l'énergie et l'impôt, et pas seulement pour la frontière. Et elle ne trie personne : un citoyen vaut un citoyen. Le livret 13 dit point par point ce qui demande une nouvelle Constitution.
Notre seule boussole
- Vivre de son travail. Un salaire, une pension ou un prix agricole doivent couvrir une vie normale.
- Partager la valeur. Ceux qui créent la richesse d'une entreprise en reçoivent une part et ont voix dans ses choix.
- Taxer la rente, alléger l'effort. La spéculation, l'évasion et la pollution paient davantage ; le travail paie moins.
- Pas de dépense sans recette. On n'emprunte que pour construire ce qui servira plusieurs générations.
- Planifier le long terme. L'école, l'énergie, le logement et la santé ne se gouvernent pas d'un budget à l'autre.
- Décider avec ceux qui vivent la décision. Toute grande réforme se débat avant d'être votée, et se vote.
- L'ordre juste. Celui qui frappe ou incendie répond de ses actes. Celui qui manifeste pacifiquement est protégé.
- Un citoyen vaut un citoyen. Mêmes droits, mêmes devoirs, sans tri par origine, croyance ou appartenance.
Comment lire
- Lycéen ou étudiant
- Livrets 1, 7, 9, puis 15 et 16.
- Salarié ou fonctionnaire
- Livrets 1, 2, 3, 4, puis 14.
- Paysan
- Livrets 1, 6, 4, puis 11.
- Retraité
- Livrets 1, 3, 8, 9.
- Élu local ou bénévole
- Livrets 1, 9, 13, 17.
- Simplement en colère
- Livret 1, puis 15 : la rue, ce qu'elle gagne et ce qu'elle perd.