Partie II · Répondre · Livret 7 sur 17

Apprendre : école, lycée, université

Lycéens, étudiants, parents, enseignants.

En bref

La demande : un professeur devant chaque classe, des bâtiments où l'on n'a ni froid ni peur, une orientation qu'on comprend, des études qu'on peut payer. La réponse : un vivier de remplaçants titulaires, des normes de bâtiment opposables, des critères d'orientation publiés avant les vœux, des bourses calculées sur les revenus réels, la gratuité des BTS et des prépas, et une vraie voix pour les élèves. Le principe : l'école est la première promesse qu'un pays fait à ses enfants.

Ce qu'on nous dit

  • « Un prof devant chaque classe. » La première ligne de toutes les banderoles lycéennes de l'automne 2026.
  • « Des classes de moins de 35, des toilettes qui ferment, du chauffage l'hiver. » Les lycéens, établissement par établissement.
  • « Une orientation qu'on comprend, au lieu de Parcoursup. »
  • « Une bourse qui permet de vivre. » Les organisations étudiantes.
  • « Être pris au sérieux. » Face à 256 000 lycéens dans la rue, la réponse du ministère a été un formulaire en ligne.

Ce qui se passe vraiment

  • 15,4 millions d'heures de cours non assurées en un an. Dans le second degré public, près d'une heure d'enseignement sur dix n'est pas assurée.
  • À la rentrée 2024, 56 % des collèges et lycées comptaient au moins un poste de professeur non pourvu.
  • Entre 2017 et 2024, plus de 17 000 postes sont restés vacants aux concours de l'enseignement. Le budget 2027 prévoit 1 588 suppressions de postes.
  • Un lycéen sur cinq présente un risque important de dépression.
  • La bourse étudiante maximale plafonne à 650 euros par mois, quand la vie étudiante en coûte plus de 1 000. Le repas à 1 euro pour tous, obtenu pour mai 2026, ne règle pas le reste.
  • Plus de 180 000 demandes de logement au Crous restaient sans réponse au 1er janvier 2026. Plus de 80 % des universités ont voté un budget en déficit.

Ce qu'on fait

  1. Un professeur devant chaque classe. Un vivier de remplaçants titulaires assez nombreux pour que le remplacement d'une absence de quelques jours ne soit plus une fiction. Une voie de titularisation pour les contractuels qui ont fait leurs preuves. Les 1 588 suppressions de postes annulées.
  2. Des bâtiments dignes. Des normes minimales opposables : sanitaires, chauffage, fraîcheur en été, désamiantage. Une région qui ne les respecte pas peut être contrainte par les familles devant le juge. Une péréquation entre régions riches et pauvres, pour que la qualité d'un lycée ne dépende pas de la richesse de sa région.
  3. Une seule tête par lycée, un contrat de cinq ans. Aujourd'hui, l'État paie les professeurs et la région les murs, et personne ne répond de l'ensemble. Un contrat entre l'État, la région et l'établissement fixe les travaux, les moyens et les résultats, et il est contrôlé chaque année.
  4. Une orientation qu'on comprend. Les critères de chaque formation publiés avant l'ouverture des vœux. Chaque refus motivé. Les places planifiées sur dix ans selon les besoins du pays. Un droit à la reprise d'études à tout âge.
  5. Étudier sans s'endetter. Des bourses qui suivent les revenus réels : un droit au réexamen sur les revenus de l'année dès qu'ils baissent, au lieu de ceux d'il y a deux ans. La gratuité des BTS et des classes préparatoires, pour tous. Une dotation par étudiant indexée sur les effectifs réels, pour que les universités cessent de chercher leurs ressources dans la poche des étudiants. Les frais différenciés selon la nationalité abrogés.
  6. Se loger pour étudier. 100 000 logements étudiants sociaux en dix ans, inscrits dans une loi de programmation (livret 9).
  7. Le lycée professionnel pris au sérieux. Une vraie spécialité de métier dès la seconde, une école de production par bassin de vie, un financement indexé sur l'insertion des élèves à six mois. L'apprentissage stabilisé : les règles en vigueur à la signature du contrat ne changent plus jusqu'à son terme, avec une aide minimale de 4 000 euros.
  8. Une démocratie lycéenne réelle. Une part fixe du budget de travaux de chaque lycée est décidée par ses élèves. Leur vote s'impose, sauf refus motivé et rendu public. Le droit de pétition et le vote aux référendums locaux dès 16 ans.
  9. La santé mentale des jeunes. Un psychologue pour chaque lycée, des consultations gratuites et rapides, des moyens doublés pour la pédopsychiatrie (livret 8).
  10. La paix sur les campus. Une mobilisation étudiante ou lycéenne pacifique relève du débat, pas de la dispersion policière. Le recours à la force y est encadré et proportionné (livret 12).

Qui décide, avec quel texte, dans quel délai

MesureVoieDélai
Annulation des suppressions de postesLoi de finances rectificativeCent premiers jours
Gratuité BTS et prépasArrêtéCent premiers jours
Vivier de remplaçants, titularisationLoi de programmation de l'école sur dix ansPremière année, puis chaque rentrée
Normes de bâtiment et péréquationLoi, financement par le PlanPremière année, chantiers sur dix ans
Critères d'orientation publiés, refus motivésDécretPour la campagne de vœux suivante
Bourses sur revenus réelsDécretRentrée suivante
Vote des élèves sur les travauxLoiPremière année

Combien, et qui paie

  • La gratuité des BTS et des prépas : environ 0,3 milliard par an, déjà compté dans le livret 14.
  • Les professeurs et les contractuels titularisés : dans l'enveloppe de revalorisation des enseignants et des soignants (6 à 10 milliards) et dans celle de la sortie de la précarité de la fonction publique, étalée sur trois ans (livret 14).
  • Les bâtiments : de l'investissement, financé sur dix ans par l'emprunt de long terme et l'épargne fléchée, pas par le budget de fonctionnement. Les besoins sont estimés à environ 50 milliards sur dix ans, une estimation que le rapport parlementaire de 2023 juge encore partielle : le premier travail est l'inventaire public du bâti.
  • La réforme des bourses : au minimum les 350 millions par an prévus pour le second volet de la réforme, abandonné en juillet 2025 « pour raisons budgétaires ». Pour les revenus réels, on ne bouleverse pas le calendrier, qui repose sur les revenus d'il y a deux ans pour des raisons de délais fiscaux : on ouvre un droit au réexamen sur les revenus de l'année dès qu'ils baissent, alors qu'il est aujourd'hui réservé à quelques cas exceptionnels. Le surcoût reste dans l'enveloppe.

Dès demain, sans attendre le pouvoir

  • Élire son conseil de la vie lycéenne, et l'outiller : un ordre du jour, des comptes rendus publics, des demandes écrites au chef d'établissement.
  • Publier l'état des bâtiments : photos datées des toilettes, du chauffage, des fenêtres, envoyées à la région et à la presse locale.
  • Compter les heures non remplacées dans sa classe, chaque semaine, et les publier.
  • Saisir la région, puis le Défenseur des droits, quand un lycée reste insalubre.

Les objections, et nos réponses

« On ne trouve pas de professeurs, même avec des postes. »
On n'en trouve pas parce que le métier est mal payé et mal traité. La revalorisation et la titularisation des contractuels s'attaquent à la cause.
« Les lycéens n'ont pas à gérer un budget. »
Une part fixe, limitée aux travaux qui les concernent, avec un refus possible s'il est motivé. Il n'y a pas de meilleure école de la citoyenneté.
« Sans sélection, l'université s'effondre. »
Les places sont planifiées selon les besoins du pays ; ce qui change, c'est que les critères sont connus à l'avance et que chaque refus s'explique.

Comment on saura que ça marche

  • Le nombre d'heures de cours non assurées, publié chaque trimestre par établissement.
  • Le nombre de lycées sous les normes minimales, publié chaque année par région.
  • Le reste à vivre moyen d'un étudiant boursier, après loyer.
Sources
  • Heures non assurées, santé mentale des lycéens, mobilisation de l'automne 2026 : DEPP et Santé publique France.
  • Postes non pourvus : enquête SNES-FSU, rentrée 2024 ; concours 2017-2024 : ministère de l'Éducation nationale, bilans des concours de recrutement.
  • Suppressions de postes du budget 2027 : projet de loi de finances pour 2027, solde net de 1 588 postes d'enseignants en équivalents temps plein, dont 1 250 dans le public, rapporté par Banque des Territoires et Public Sénat.
  • Bâti scolaire : rapport des députées Melchior et Pasquini, 6 décembre 2023, rapporté par Banque des territoires. Réforme des bourses : L'Étudiant, 5 septembre 2025.
  • Bourses et repas à 1 euro : L'Étudiant, 2026. Logement étudiant : Cnous, janvier 2026.