Partie II · Répondre · Livret 12 sur 17

L'ordre juste

Habitants des quartiers et des campagnes, manifestants, policiers, gendarmes, pompiers, magistrats.

En bref

La demande : être protégé, des trafics comme des abus. La réponse : plus de policiers, de gendarmes et de pompiers sur le terrain, une justice qui juge vite avec un budget doublé, des enquêtes dirigées par les juges et non par les préfets, un maintien de l'ordre confié à des unités formées, un service national qui forme les jeunes et alimente les réserves. Le principe : chacun répond de ce qu'il fait, jamais de la foule où il se trouve.

Ce qu'on nous dit

  • « Le point de deal est en bas de l'école. » Des parents, en ville comme dans les bourgs.
  • « La gendarmerie la plus proche est à quarante minutes. » Les habitants des campagnes.
  • « On a été frappés alors qu'on manifestait pacifiquement. » Des lycéens et des gilets jaunes.
  • « On nous envoie sans formation face à des foules. » Des policiers.
  • « Quatre ans pour être jugé. » Des victimes.

Ce qui se passe vraiment

  • En 2024, la France comptait 151 400 policiers et 100 900 gendarmes. La loi de programmation de 2023 promettait 7 412 postes de plus d'ici 2027 ; en gendarmerie, seuls 2 395 étaient créés fin 2025. Sur 239 brigades promises, 80 ont ouvert en 2024 et aucune en 2025.
  • La police municipale compte près de 29 000 agents, 41 % de plus qu'en 2013 : les communes compensent, à leurs frais, le recul de l'État.
  • Les pompiers ont fait 4,89 millions d'interventions en 2025, dont 79 % de secours à personne. Leur délai moyen d'arrivée s'allonge, 15 minutes 9 secondes, et le nombre de jeunes sapeurs-pompiers baisse.
  • 4 000 affaires criminelles attendent leur jugement, deux fois plus qu'il y a cinq ans. La France consacre environ 0,2 % de son PIB à la justice, l'Allemagne 0,4 %.
  • Les prisons comptent 88 829 détenus pour 63 237 places ; 7 608 personnes dorment sur un matelas au sol.
  • Le narcotrafic réalise entre 3,5 et 6 milliards d'euros de chiffre d'affaires par an.
  • Pendant le mouvement des gilets jaunes, l'usage massif des lanceurs de balles de défense dans des foules denses a fait plus de 2 400 blessés parmi les manifestants.

Ce qu'on fait

  1. Plus de monde sur le terrain. Tenir la promesse de 2023, puis 12 000 policiers et gendarmes de plus sur le mandat, d'abord pour la voie publique, l'enquête et les 239 brigades. 5 000 pompiers professionnels de plus, cofinancés par l'État et les départements. Pour les pompiers volontaires, une prime de fidélité doublée et une compensation des absences pour leur employeur.
  2. Une justice qui juge vite. Son budget porté de 0,2 à 0,4 % du PIB sur dix ans. Un délai maximal entre l'infraction et le jugement fixé par la loi pour chaque type d'infraction ; s'il est dépassé, le parquet concerné est audité.
  3. Des enquêtes dirigées par les juges. Les policiers de la police judiciaire sont placés, pour leurs enquêtes, sous l'autorité exclusive des magistrats, et non plus sous celle du préfet.
  4. Le maintien de l'ordre confié à ceux qui y sont formés. Fin de l'engagement d'unités non spécialisées dans les manifestations. Pas de tir de lanceur de balles dans une foule dense, pas de grenade dans un groupe de mineurs, pas de garde à vue de masse pour disperser. Chaque usage de la force est documenté et contrôlé par des experts indépendants et des jurys citoyens.
  5. La police municipale avec une doctrine. Des règles nationales d'équipement et de formation, et une section de parquet dédiée pour la délinquance du quotidien qu'elle constate.
  6. Le maire utile. Pour les petites incivilités, une réparation rapide : un travail non rémunéré proposé par le maire et homologué par le procureur en quinze jours, plutôt qu'un classement sans suite.
  7. Frapper le haut du trafic. Le parquet national contre la criminalité organisée créé en 2025 reçoit ses moyens ; les avoirs saisis aux trafiquants financent la sécurité des quartiers.
  8. Les mineurs : une réponse rapide, éducative. Les effectifs de la protection judiciaire de la jeunesse doublés. La prison reste le dernier recours, et quand elle a lieu, elle prépare la sortie.
  9. Une prison digne. Des places construites pour l'encellulement individuel, condition de la réinsertion. Les travaux d'intérêt général relancés.
  10. Protéger celui qui refuse un ordre illégal, policier comme fonctionnaire.
  11. Six mois pour soi et pour le pays : le service national. Entre 18 et 26 ans, chacun peut partir six mois et revenir avec : le permis de conduire passé gratuitement, les premiers secours, 800 euros par mois, le logement et les repas fournis, un passeport de compétences reconnu par les employeurs, et une année de césure reconnue par Parcoursup. Son emploi est protégé pendant et après. On choisit sa mission : un hôpital, des personnes âgées, la forêt, une association, et pour un sur cinq les pompiers, la gendarmerie ou l'armée, ce qui renforce les réserves et les volontaires. Il s'ouvre d'abord à tous les volontaires. Il deviendra le même pour tous, enfants de ministres compris, quand la loi l'étendra à toute la classe d'âge au vu des résultats publiés. La solde ne se cumule pas avec le revenu d'engagement : c'est l'un ou l'autre. À la sortie, celui qui n'a pas de solution peut entrer en formation, en apprentissage ou en recherche d'emploi accompagnée avec le revenu d'engagement (livret 2).

Qui décide, avec quel texte, dans quel délai

MesureVoieDélai
Doctrine de maintien de l'ordreInstruction ministérielle, puis loiCent premiers jours
Recrutements police, gendarmerie, pompiersLoi de programmation de la sécuritéPremière année, sur six ans
Budget de la justice à 0,4 % du PIBLoi organique, inscrite dans la ConstitutionTrajectoire sur dix ans
Police judiciaire sous l'autorité des jugesRévision de la Constitution (livret 13)Avec la réforme des institutions
Service nationalLoi, ouverture aux volontaires, puis extension par une seconde loiÉtape 2 du budget, montée sur trois ans

Combien, et qui paie

  • 12 000 policiers et gendarmes : environ 1 milliard par an une fois tous recrutés. Les dépenses de personnel de 2026, cotisations de retraite comprises, représentent environ 80 000 euros par policier et 90 000 par gendarme.
  • 5 000 pompiers professionnels et les mesures pour les volontaires : environ 0,5 milliard par an.
  • Pour les pompiers professionnels des services départementaux, les dépenses de personnel des SDIS (4,33 milliards, dont 76 % pour les titulaires) rapportées aux quelque 56 000 titulaires, pompiers professionnels et personnels administratifs, donnent environ 59 000 euros par agent et par an. À Paris et en petite couronne, les secours sont assurés par la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, une unité militaire : environ 44 000 euros par pompier selon la Cour des comptes.
  • La justice : environ 6 milliards par an au bout de la trajectoire.
  • Le service national : environ 9 milliards par an, solde, logement, repas et encadrement compris. En face : moins de chômage des jeunes, et le travail utile des jeunes en service civil.
  • Qui paie : le tableau unique du livret 14, qui ferme le trou de financement sans emprunter pour le fonctionnement.

Dès demain, sans attendre le pouvoir

  • Devenir pompier volontaire, ou réserviste de la gendarmerie : les centres recrutent dès 16 ans pour les jeunes sapeurs-pompiers.
  • Demander à sa mairie un conseil local de sécurité ouvert aux habitants, et la publication des chiffres du quartier.
  • Signaler un abus policier au Défenseur des droits, vidéo et certificat médical à l'appui (livret 15).

Les objections, et nos réponses

« Plus de policiers, c'est plus de répression. »
Plus de policiers formés, sur la voie publique et l'enquête, c'est moins de trafic au pied des immeubles. La répression aveugle vient des unités non formées qu'on envoie au contact : ce livret y met fin.
« Contrôler la police, c'est la désarmer. »
Un policier qui travaille dans les règles n'a rien à craindre d'un contrôle. Ce qui use la confiance, c'est l'impunité de quelques-uns.
« Le service national, c'est la caserne. »
Quatre jeunes sur cinq servent dans le civil, dans la mission qu'ils ont choisie. Tous repartent avec 4 800 euros, le permis, les premiers secours et un passeport de compétences. Et il commence par les volontaires : c'est son succès qui décidera de la suite.

Comment on saura que ça marche

  • Le délai moyen de jugement, par type d'affaire, publié chaque année.
  • Le délai d'arrivée des secours, publié par département.
  • Le nombre de blessés lors des manifestations, manifestants et forces de l'ordre.
Sources
  • Effectifs et retards de la loi de programmation : Sénat, avis budgétaire « Sécurités », PLF 2026.
  • Pompiers : statistiques DGSCGC 2025, rapportées par Breizh-Info.
  • Prisons et justice : ministère de la Justice, statistiques de la population détenue. Narcotrafic : Sénat, rapport de la commission d'enquête, 14 mai 2024. Maintien de l'ordre : Défenseur des droits.
  • Service national universel : Cour des comptes, rapport de septembre 2024.
  • Budgets des SDIS : Fipeco, « Les budgets des services d'incendie et de secours ». Brigade de sapeurs-pompiers de Paris : Cour des comptes, février 2025.
  • Dépenses de personnel 2026 de la police et de la gendarmerie : Sénat, note de présentation PLF 2026, rapportées aux effectifs.