Partie II · Répondre · Livret 9 sur 17

Se loger

Mal-logés, locataires, jeunes, communes.

En bref

La demande : un toit pour chacun, un loyer qui laisse de quoi vivre. La réponse : le logement d'abord pour sortir les gens de la rue, 400 000 logements par an construits d'abord sur les friches et dans les bureaux vides, l'encadrement des loyers partout où ça coince, les logements vides remis sur le marché, et aucun jeune de l'aide sociale à l'enfance lâché à 18 ans. Le principe : la propriété est garantie, et elle a une fonction sociale.

Ce qu'on nous dit

  • « Personne à la rue. » Les associations, chaque hiver.
  • « Un studio, la moitié de mon salaire. » Les jeunes actifs des grandes villes.
  • « Huit ans sur la liste HLM. » Les familles en attente.

Ce qui se passe vraiment

  • 2,8 millions de demandes de logement social en attente. En Île-de-France, la barre des deux millions de personnes en attente a été franchie en juillet 2026.
  • Les attributions sont tombées à 384 000 par an, leur plus bas niveau depuis dix ans : une demande sur sept seulement aboutit.
  • 24 556 ménages ont été expulsés par la force publique sur un an, un record.
  • Environ 350 000 personnes sont sans domicile. 912 personnes sans domicile sont mortes en 2024, un record.
  • 3,1 millions de logements sont vacants. Les réquisitions se comptent en quelques centaines par an.
  • Depuis 2000, les prix de l'immobilier ont progressé environ trois fois plus vite que les salaires. Les mises en chantier ont chuté d'un tiers par rapport à leur niveau d'avant-crise.
  • À Paris, 84 000 à 90 000 logements sont proposés sur les plateformes de location touristique.

Ce qu'on fait

  1. Le logement d'abord. Sortir chaque année des dizaines de milliers de personnes de la rue et de l'hôtel vers un logement stable, accompagné. C'est moins cher que l'hébergement d'urgence, qui coûte 2 à 3 milliards par an sans rien résoudre.
  2. Construire 400 000 logements par an, d'abord sur les friches et dans les bureaux vides : 5 millions de mètres carrés de bureaux sont vacants en Île-de-France. Autorisation de conversion en quatre mois. Un programme social financé par l'épargne populaire, et la fin des ponctions sur les bailleurs sociaux.
  3. Encadrer les loyers dans toutes les zones tendues, durablement inscrit dans la loi.
  4. Les logements vides remis sur le marché.
    • La taxe sur les logements vacants portée à 50 % de la valeur locative la première année, 100 % la deuxième, 200 % la troisième, en zone tendue.
    • La réquisition effective des logements détenus par des sociétés et vides depuis plus de six mois, avec indemnisation du propriétaire, comme le permet le droit depuis 1945.
    • Un fonds public qui prend le relais du crédit du petit propriétaire en difficulté pendant deux à cinq ans, pour qu'il garde son bien.
  5. La location touristique encadrée. En zone tendue, un logement entier loué aux touristes plus de six mois par an paie une taxe majorée, puis retourne à la location longue.
  6. Un droit au logement vraiment opposable. Quand le juge constate que l'État n'a pas logé quelqu'un qui y avait droit, une astreinte automatique est versée au demandeur.
  7. Des attributions transparentes. Les critères et les décisions d'attribution des logements sociaux sont suivis par des conseils de quartier.
  8. Aucun enfant placé lâché à 18 ans. L'aide sociale à l'enfance accompagne jusqu'à 25 ans ceux qui le demandent.
  9. 100 000 logements étudiants sociaux en dix ans (livret 7).

Qui décide, avec quel texte, dans quel délai

MesureVoieDélai
Réquisition et taxe sur les logements vacantsLoi, puis arrêtés préfectorauxCent premiers jours
Encadrement des loyersLoiPremière année
Construction et conversion de bureauxLoi de programmation, PlanSur dix ans
Astreinte automatiqueRévision de la Constitution (livret 13), puis loiAvec la réforme des institutions
Accompagnement jusqu'à 25 ansLoiPremière année

Combien, et qui paie

  • Le logement d'abord : environ 1,5 milliard par an, en partie compensé par les économies sur l'hébergement d'urgence.
  • Les logements vacants : coût net de 0,8 à 1,5 milliard par an, après la taxe majorée qui finance les indemnités de réquisition et la conversion de bureaux.
  • L'accompagnement des jeunes de l'aide sociale à l'enfance : environ 0,5 milliard par an.
  • La construction : de l'investissement, financé par l'épargne populaire et remboursé par les loyers.

Dès demain, sans attendre le pouvoir

  • Déposer des recours au titre du droit au logement opposable, à plusieurs, avec une association.
  • Créer un observatoire citoyen de la vacance dans sa commune : recenser les immeubles vides et les signaler au maire et au préfet.
  • Monter une coopérative d'habitants pour construire ou rénover ensemble, hors spéculation.

Les objections, et nos réponses

« La réquisition, c'est une atteinte à la propriété. »
Elle ne vise que les logements de sociétés vides depuis plus de six mois, en zone de crise, avec indemnisation. Le petit propriétaire, lui, est aidé à garder son bien.
« L'encadrement des loyers fait fuir les bailleurs. »
Là où il s'applique, les loyers abusifs ont reculé. Et les logements vides, eux, sont remis sur le marché par la taxe.
« 400 000 logements par an, c'est impossible. »
C'est l'objectif adopté au Sénat en janvier 2026. Ce qui manque, c'est le financement stable : l'épargne populaire le fournit.

Comment on saura que ça marche

  • Le nombre de personnes sans domicile, compté chaque hiver.
  • Le délai moyen d'attente d'un logement social, par département.
  • Le nombre de logements vacants remis sur le marché chaque année.
Sources
  • Demandes et attributions de logements sociaux, expulsions, vacance, réquisitions, bureaux vacants : DRIHL, Cour des comptes (rapport public annuel 2026) et Insee.
  • Décès de personnes sans domicile en 2024 : collectif Les Morts de la rue, rapporté par L'Info durable, 30 octobre 2025.
  • Coûts : chiffrage du collectif, détaillé au livret 14.
  • Réquisition : ordonnance n° 45-2394 du 11 octobre 1945 (Sénat), code de la construction et de l'habitation, articles L641-1 et suivants.